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[Test] Synology DS712+ : un NAS polyvalent sans compromis – partie 1

Introduction

Bonjour tout le monde ! Tout d’abord, le lien vers la seconde partie pour les plus pressés.

Entre mon voyage en Europe et quelques petits problèmes d’Internet (imaginez le SAV Orange en Chinois, ça vous donne une idée) j’ai enfin pu retrouver un peu de temps pour finir le test du NAS DS712+ de Synology. Un petit peu de contexte ici, j’ai bossé quelques temps chez Thecus, un autre fabricant de NAS. Inutile de dire que le stockage en réseau ça me connaît :-)

Le DS712+ m’a été prêté par Synology Taiwan (j’habite à 10 minutes à pied de chez eux) et ils m’ont aussi passé deux disques durs dans la foulée, vraiment sympathique. Je précise que je leur ai rendu le NAS à la fin, ce n’est donc pas un test sponsorisé. Pour les specs complète du produit, rendez-vous sur la page correspondante chez Synology. Le DS712+ est un NAS à deux baies qui peut, grâce au DX510, accueillir jusqu’à 7 disques. Le fonctionnement de ce dernier est un peu flou et à mon grand regret Synology n’a pas pu répondre à toutes mes questions. Mais de ce que j’en ai entendu ça tourne plutôt pas mal et c’est surtout rudement pratique pour augmenter la capacité du NAS à faible coût. Les deux produits sont à l’heure où j’écris (respectivement) au prix de 460€ et 400€. Pour le prix on a le droit à un Atom (à vue de nez un D525), 1Go de mémoire vive et les connecteurs standards. C’est un peu cher pour ce que c’est, surtout sans port USB 3.0, mais c’est du matériel de qualité et Synology est le seul à proposer une baie d’extension.

Image du produit fournie par Synology. Seul bémol à ce design fort sympathique : les LEDs sont vraiment pas jolies. Dommage !

J’ai pris la décision de ne pas fournir trop de données chiffrées. Pourquoi donc ? Eh bien c’est tout simple de nos jours tous les NAS à base d’Atom saturent la bande passante en 1Gb. Du coup cela ne veut pas dire grand chose de vous dire que ce NAS-là fait 109.9 Mo/s tandis que l’autre fait 108.5 Mo/s. J’ai une approche beaucoup plus « monde réel » des tests. Ainsi je vais tester si les fonctionnalités tournent bien, sont faciles à utiliser et surtout si elles pourront vous servir un jour. Pourquoi cela ? Eh bien dans le monde du NAS, on a tendance à se faire vendre 150 fonctions sur un produits et vous verrez, vous n’utilisez peut-être que 5 ou 6 d’entre elles au quotidien.

Mais au fait, c’est quoi un NAS ? Pour ceux qui ne savent pas, Synology a une petite page très sympathique chez LDLC qui pourra vous expliquer. En très gros : un NAS (ou Networked Attached Storage) est un mini-serveur qui est spécialisé dans le partage de fichiers sous toutes ses formes. L’avantage c’est que tout passe par le réseau. Ainsi n’importe quel appareil doté d’une connexion résau est virtuellement capable de lire des données sur un NAS : PC, Mac, téléphone, tablette et même tout récemment votre télé ! S’ajoutent à cela pas mal de programmes annexes (centre de téléchargement, serveurs photos, surveillance IP, etc) et vous avez un petit concentré de technologie très compact et très utile. De plus, un NAS utilise souvent des disques en redondance (on appelle ça le RAID) et, même si c’est toujours pas parfait, c’est déjà mieux pour la sauvegarde qu’un vieux DVD pourri qui traînera au fond d’une armoire. Un NAS c’est donc un serveur de stockage, de partage et de sauvegarde de la taille d’un pack de bières. Pratique, non ?

Commençons sans plus attendre, bonne lecture ! Pour ceux qui veulent aller directement à la seconde partie, c’est ici.

Le déballage et l’ouverture de la bête

Nous avions affaire à un échantillon de tests, alors il avait déjà été ouvert une fois. Mais ce n’est pas grave tout était bien rangé comme il fallait. Dans cette partie je pense que des photos valent mieux qu’un long discours. L’emballage contenait :

  • Le NAS en lui-même
  • Un câble réseau classieux noir (pas bien long d’ailleurs)
  • Le CD d’installation
  • Des vis et une clé

La boîte en elle-même. Un petit peu déçu par celle-ci je ne m’attendais pas à un bleu moche de la part de Synology, réputé pour son design. Mais bon entre nous, on s’en fiche :-)

J’ouvre la boîte et je me rends compte que le NAS n’est pas super bien protégé. Une housse en plastique et hop on en parle plus. Etant donné le très faible taux de panne à l’arrivée des NAS Synology, je suppose que c’est suffisant. Et puis ça fait des économies. Le NAS en lui-même est très compact et élégant.

Le fameux carton à la protection douteuse.

Le fameux carton à la protection douteuse.

Les câbles sont noirs, le NAS est noir, tout est noir quoi ! Mais du coup l’ensemble reste discret. Je préfère ça aux modèles blancs de la marque.

Fidèle à mon habitude, j’ai voulu ouvrir le NAS pour voir ce qu’il avait dans le ventre. Là par contre c’est la galère. Le DS712+ est un appareil extrêmement compact, très bien conçu, au refroidissement exemplaire et au niveau sonore très bas. Mais ça se paye ! C’est très difficile d’approcher les éléments intérieurs et il y a plein de vis cachées un peu partout. Pour changer le ventilateur arrière on n’en parle même pas. Une petite politique de conception à la Apple qui plaira ou ne plaira pas. Mais sur un NAS 2 baies c’est difficile de faire autrement. Quand on regarde les produits un peu plus gros chez Synology, on se rend compte que les ventilateurs deviennent alors « hot swappable » (échangeables à chauds pour les anglophobes) et ça c’est bien !

L’intérieur de la bête. On peut voir que tout est bien rangé comme il faut. Le processeur Atom est à refroidissement passif. Merci Intel :-)

 Les disques sont faciles à installer, même si on doit se taper une petite séance de vissage. Certains concurrents ont opté pour un système sans vis ce qui est pratique sur le moment. Après on est pas supposé enlever les disques tous les 4 du mois non plus. Les charriots (ou trays pour les anglais) peuvent accueillir des disques 2.5 et 3.5 pouces. Du coup si vous êtes riches vous pouvez tenter un NAS en SSD. C’est beau, mais ça sert pas à grand chose pour une utilisation normale :-)

Le fameux charriot en plastique. Perso je préfère quand c’est plus classique en métal, même si ça fait moins joli. Mais j’ai entendu que ça revenait au même avec les matériaux modernes.

Après avoir démonté les disques déjà présents (car prêtés par Synology) et remonté ces derniers, je procède donc au branchement du NAS. Rien de bien compliqué : une prise de courant, un câble ethernet et roulez jeunesse ! On notera l’absence d’USB 3, c’est bien dommage. Le port eSATa peut se révéler pratique pour les disques externes mais attention celui-ci sera utilisé par un éventuel DX510.

L’arrière du NAS. Un double port Ethernet, deux ports USB 2.0, un bouton de redémarrage et un port eSATA. Pas de quoi casser trois pattes à un canard mais ça suffira pour 90% des usages.

J’allume le NAS et je dois vérifier que les diodes soient bien allumées. En effet la bête est super silencieuse, même avec deux disques à l’intérieur. Un très gros point positif pour Synology ici. J’insére le CD (ou DVD j’ai oublié) d’installation et hop, c’est parti !

Installation et premiers pas

Synology est reconnu mondialement pour son système d’exploitation. C’est donc avec joie que je m’y suis mis. Bon j’exagère, je commence déjà à pas mal le connaître leur OS, baptisé DSM. Nous sommes à la version 4.1 que j’ai pu testé en Beta. Pour en savoir plus sur DSM, rien ne vaut les explications du fabricant. Alors je vous préviens tout de suite. Vouloir parler de tout est futile et prendrait quelques dizaines de pages. On va se concentrer sur l’essentiel : stocker, partager et sauvegarder.

Pour accéder à l’interface du NAS, il faut tout d’abord pouvoir y accéder. Pas de panique le CD d’installation contient un petit assistant bien pratique qui va détecter le NAS sur le réseau et vous permettra de vous y rendre. C’est devenu assez standard dans l’industrie. Il est conseillé de mettre l’adresse IP du NAS dans vos favoris quelque part :-)

Le petit assistant vous permet de configurer deux trois autres choses comme le Wake On Lan.

Une fois arrivé, il faut entrer le mot de passe par défaut. J’ai dû faire un factory reset de sauvage car on avait oublié de me donner le mot de passe pour les tests. Mais pas grave, ça se fait bien. Et me voilà entré dans le saint des Saints, l’interface DSM. La première chose qui saute à l’oeil : Apple devrait bientôt attaquer en justice Synology, les ressemblances avec Mac OS sont assez frappantes :D Mais au moins c’est propre et clair. On en reparle un peu plus loin, pour le moment toute notre attention est concentrée sur l’assistant de démarrage et il faut faire deux trois petites choses essentielles avant de profiter de son NAS.

L’outil de démarrage pour bien commencer à travailler sur votre NAS.

Pour les gens qui n’y connaissent rien, il suffira de vous laisser guider, c’est plutôt pas mal. Voici un petit aide mémoire pour vous aider à vous y retrouver :

  1. Créer un volume RAID (voir paragraphe suivant)
  2. Définir des utilisateurs
  3. Définir des dossiers de partage suivant votre cible (SMB pour Windows, AFP pour Mac et iSCSI pour les deux)
  4. Donnez aux utilisateurs les droits d’accès aux dossiers partagés
  5. Vous pouver à présent naviguer dans les dossiers du NAS grâce à l’explorateur Windows ou Apple
  6. Placez des données sur le NAS !
  7. Vous pouvez à présent profiter de votre NAS et de ses fonctionnalités.

Si vous vous êtes bien débrouillé, votre NAS et surtout ses dossiers partagés apparaîtront sous Windows dans le réseau. C’est beau !

Pour ceux pour qui le RAID est un mot barbare, voici un petit récapitulatif bien senti, même si Synology en règle générale vous prendra pas mal par la main avec son système Hybrid RAID. Le numéro après le mot RAID est appelé un « niveau ».  Un RAID regroupe une grappe de disques, appelée volume.

  •  JBOD : pas vraiment un niveau à part entière. Les disques ne sont pas dépendants les uns les autres, c’est l’état normal en somme.
  • RA1ID 0 : augmente les performances générales. Un disque du volume tombe en panne, toutes les données tombent en panne. A éviter.
  • RAID 1 : chaque donnée est copiée sur chaque disque. Performances en écriture assez mauvaises. Mais au moins si un disque tombe en panne, l’autre prend le relais. Pratique pour un 2 baies.
  • RAID 5 et 6 : un peu plus compliqués, ils nécessitent respectivement 3 et 4 disques. L’avantage c’est que (toujours respectivement) 1 et 2 disques peuvent tomber en panne sans impacter les données. Le problème c’est que ça consomme du processeur.
  • RAID 10 et plus élevés : si vous vous demandez si il faut un niveau plus exotique, vous en savez assez pour savoir où checher les bonnes infos :)

Les choix disponibles dépendent du nombre de disques présents.

Le temps de création dépend de la vitesse du NAS, du niveau de RAID et de la taille des volumes. Je n’ai pas pu tester en RAID 5, car il faut 3 disques, Synolgoy dit que c’est rapide. En RAID 0 en tout ca ça va vite, mais c’est normal.

Comment savoir si votre NAS est protégé ? Facile au début j’ai mis quelques fichiers bidons dans mon volume, j’ai enlevé un disque et j’ai regardé ce qu’il se passait. Pas de soucis j’étais en RAID 1 donc j’ai bien tout retrouvé. Quand vous remettez un disque, la reconstruction du RAID commence. Cela peut prendre un peu de temps et durant cette période le NAS sera ralenti et les données non protégées. Il faut faire attention dans ces cas-là !

Voilà mon RAID est fini, mes dossiers et utilisateurs sont définis. Je peux donc commencer à bosser sérieusement. C’est donc l’occasion de se rendre vers la seconde partie du test où nous allons voir pas mal de fonctionnalités liées au NAS. En bonus, la vidéo de présentation que j’ai faite, l’occasion d’étrenner la chaîne Trendus :

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